Star Ocean First Departure R – Le test

Star Ocean First Departure R marque le retour aux sources d’une saga culte du RPG japonais. Sorti en 2019 sur PlayStation 4 et Nintendo Switch, ce remaster reprend le remake PSP de 2008 développé par TOSE, lui-même basé sur l’épisode fondateur développé par tri-Ace paru sur Super Famicom en 1996. Si les nouveautés sont discrètes par rapport à la version PSP, ce remaster permet de (re)découvrir un classique, avec ses qualités intemporelles et ses défauts d’époque.

Fiche technique
Titre Star Ocean First Departure R
Genre JRPG
Développeur TOSE
Éditeur Square Enix
Plateformes PlayStation 4, Nintendo Switch
Date de sortie 5 décembre 2019
Langues Anglais
Doublage Anglais, Japonais

Un univers entre fantasy et science-fiction

L’aventure débute sur la planète Roak, frappée par une mystérieuse épidémie qui pétrifie ses habitants. Roddick, membre de la race des Fellpool (humanoïdes à queue féline), ainsi que ses amis Millie et Dorne, membres des forces défensives du village de Kratus, se retrouvent embarqués dans une quête qui les mènera bien au-delà de leur monde natal. Rapidement, la rencontre avec des voyageurs venus de l’espace confère à l’intrigue une dimension interstellaire inattendue, mêlant habilement fantasy médiévale et science-fiction, une marque de fabrique de la série Star Ocean.

Le scénario, sans révolutionner le genre, reste efficace et propose assez de rebondissements pour maintenir l’intérêt du joueur. Quelques cinématiques animées, produites par le studio Production I.G, ponctuent les moments clés de l’aventure.

Un gameplay profond et dynamique

Star Ocean First Departure R propose un système de combat en temps réel, déjà novateur à l’époque de la Super Famicom. Le joueur contrôle directement un membre de l’équipe tandis que les compagnons gèrent leurs propres actions. Les commandes sont relativement simples : un bouton pour les attaques normales (X sur PS4, A sur Switch) et les gâchettes L et R pour déclencher des techniques spéciales que vous pouvez assigner avant les combats. À tout moment, vous pouvez basculer entre les personnages.

Ce qui peut sembler au premier abord comme un simple « button-masher » révèle progressivement sa profondeur stratégique au fur et à mesure que la difficulté augmente. Le jeu permet de définir des stratégies pour les compagnons et de choisir des formations de combat, ajoutant une dimension tactique bienvenue. Chaque personnage peut se voir assigner deux techniques spéciales parmi celles apprises au fil des niveaux.

Le jeu se distingue par son système de compétences (Skills Points) à répartir dans de nombreux domaines : combat, cuisine, création d’objets, amélioration d’équipements, etc. À chaque niveau gagné, vos personnages reçoivent des points à investir dans ces différentes compétences, permettant une personnalisation poussée de votre équipe et l’accès à des spécialités particulières. Cette mécanique, bien que complexe au premier abord, devient rapidement addictive et stratégique.

Les « Private Actions », scènes optionnelles en ville accessibles via la carte du monde, enrichissent les relations entre personnages et influencent la fin de l’histoire. Le jeu propose exactement 107 Private Actions, qu’il est impossible de voir toutes en une seule partie car elles dépendent des 8 personnages recrutés parmi 13 possibles. Ces interactions jouent un rôle crucial dans le système d’Approval Rating (AR) caché du jeu, qui mesure l’affinité entre Roddick et ses compagnons. Selon la force de ces liens, les scènes de fin seront modifiées pour refléter vos choix et les préférences des personnages. Attention cependant : beaucoup de ces scènes deviennent inaccessibles si vous progressez trop dans l’histoire principale, et certaines Private Actions peuvent vous récompenser avec des objets rares ou des compétences supplémentaires.

Un contenu généreux

L’équipe peut accueillir jusqu’à 8 membres parmi une large sélection de personnages, chacun avec ses compétences et sa personnalité. Le choix des compagnons et les affinités entre eux déterminent l’évolution de l’histoire et les fins obtenues : il existe de nombreuses fins différentes selon les recrutements et les Private Actions, ce qui encourage fortement à recommencer le jeu pour tout découvrir.

La durée de vie oscille entre 20 et 30 heures pour une partie classique, mais la rejouabilité est considérable grâce à la diversité des personnages et des fins. Quelques donjons supplémentaires s’ouvrent vers la fin du jeu, offrant des défis parfois plus relevés que le boss final lui-même et renfermant les meilleurs équipements.

Les joueurs souhaitant achever le jeu à 100% apprécieront également la présence de trophées sur PS4 (non disponibles sur Switch).

Les ajouts et limites de la version R

Les nouveautés de cette version sont modestes mais appréciables :

  • Trois options de doublage : le japonais original de la version PSP, un nouveau doublage japonais avec les acteurs de la version Super Famicom, et l’anglais. À noter que la version PSP anglaise ne proposait que le doublage anglais
  • Choix entre portraits de personnages originaux sur PSP ou redessinés par Katsumi Enami (malheureusement les nouveaux portraits ne collent pas toujours à l’aspect des personnages en jeu)
  • Accélération des déplacements possible dans toutes les zones (particulièrement bienvenue sur la carte du monde, où la lenteur originale était parfois « torturante »)
  • Légère amélioration de la résolution et de la netteté
  • Rééquilibrage de la difficulté, avec notamment des pics plus prononcés dans le dernier tiers du jeu

Malheureusement, l’interface graphique reste quasi identique à la version PSP qui est elle-même basée sur le moteur de Star Ocean: The Second Story sorti sur Playstation en 1998. La bande-son, réarrangée par le compositeur original Motoi Sakuraba pour la version PSP, demeure excellente.

Comparée à d’autres remasters récents comme Star Ocean: The Second Story R, cette version R peut sembler moins ambitieuse, se contentant d’améliorations mineures plutôt que d’une refonte complète.

Un jeu qui a vieilli, mais garde du charme

First Departure R montre aussi ses limites : l’absence de didacticiel peut dérouter, les mécaniques de jeu sont parfois peu expliquées et le taux de rencontres aléatoires est élevé, rendant certains déplacements fastidieux. Les donjons, souvent vastes et labyrinthiques, rendent l’orientation difficile, avec des passages qui parfois se ressemblent à s’y méprendre, rendant malaisée la distinction entre les chemins praticables et les obstacles.

Le comportement des personnages contrôlés par le jeu peut parfois s’avérer frustrant lors des combats difficiles.

Techniquement, le jeu reste daté mais l’absence totale de traduction française limite l’accessibilité pour certains joueurs.

Verdict

Star Ocean First Departure R reste une belle porte d’entrée dans la série, fidèle à l’esprit du jeu d’origine. Malgré une modernisation timide, il conserve un charme certain grâce à son univers unique, son système de combat dynamique, la richesse de ses personnages et la variété de ses fins. Les amateurs de RPG old school y trouveront leur compte, tandis que les nouveaux venus devront composer avec quelques archaïsmes.

✔ Points forts
  • Univers de science-fantasy accrocheur
  • Système de combat en temps réel
  • Personnages attachants et nombreux à recruter
  • Multiples fins selon les choix et affinités
  • Private Actions qui enrichissent l’histoire
  • Musiques de Motoi Sakuraba
  • Présence de trophées sur PS4
✘ Points faibles
  • Peu d’ajouts par rapport à la version PSP
  • Taux de rencontres aléatoires excessif
  • Donjons et zones parfois très vastes et confus
  • Pas de choix de niveau de difficulté
  • Interface et graphismes peu retravaillés
  • Pas de didacticiel, mécaniques peu expliquées
  • Pas de traduction française
  • Incohérence visuelle entre portraits et personnages
  • Absence de vibration de la manette
Note
15/20

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